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28.08.2008
Journey To The Center Of The Earth 3D
Andrew Lockington - Journey To The Center Of The Earth 3D (Silva Screen Records)
L'idée de réaliser un remake de Journey To The Center Of The Earth, d'après l'œuvre célébrissime de Jules Verne, n'était pas une mauvais idée en soi, les effets spéciaux d'aujourd'hui permettant de conférer une ampleur nouvelle à l'aventure. Cependant, l'idée de confier précisément ce film à un spécialiste des effets spéciaux n'était pas du tout judicieuse : en effet, dans la plupart des cas cela donne de très mauvaises réalisations (sauf peut-être celles de Joe Johnston, qui parvient à s'en tirer honorablement...). C'est hélas dans cette catégorie que se range Eric Brevig, qui a pourtant travaillé aux côtés de metteurs en scène chevronnés tels Michael Bay (Pearl Harbor, The Island), Roland Emmerich (The Day After Tomorrow) et Barry Sonnenfeld (Men In Black, Wild Wild West), occupant souvent le poste de réalisateur de seconde équipe. Son Journey To The Center Of The Earth 3D (2008) est plat comme une crêpe - la 3D n'apporte absolument rien au film, sinon renforcer le ridicule par moments -, très mal écrit et affreusement mal joué : Brendan Fraser, qui s'est également fourvoyé cette année dans The Mummy 3, a rarement été aussi mauvais et le jeune Josh Hutcherson, malgré le succès de Bridge To Terabithia, ne sait pas trop non plus ce qu'il fait là.
Les clichés s'enchaînent à la vitesse grand V et les invraisemblances sont tellement mal exploitées qu'elles en deviennent irrecevables, même pour les enfants ! Il fait 50°C mais tout va très bien madame la marquise, un tyrannosaure court après les héros sans jamais parvenir à les rattraper (c'est vrai, c'est lent un tyrannosaure), la jeune guide tombe instantanément amoureuse du héros - aussi bête soit-il -, les personnages parviennent à construire un radeau avec rien du tout encore plus vite que MacGyver, l'action se termine chez un paysan du fin fond de l'Italie qui, évidemment, comprend et parle l'anglais... Bref, tant de stupidité confond et irrite au plus haut point. Enfin, last but not least, les effets spéciaux censés être la vedette du film ne sont pas particulièrement formidables et le merveilleux est désespérément absent. Ceux qui croyaient encore qu'un voyage au centre de la Terre était plus palpitant qu'un dimanche après-midi dans la belle-famille, eh bien ils se trompaient !
Rescapée cahin-caha de la tourmente, la musique du film d'Eric Brevig est due au jeune Andrew Lockington, disciple de Mychael Danna entré dans l'industrie depuis une dizaine d'années et révélé aux béophiles en 2006 avec le score de Skinwalkers. Autant le dire tout de suite : beaucoup de gens seront susceptibles de détester la bande originale de Journey To The Center Of The Earth 3D car elle incarne à son tour la somme de tous les clichés les plus rebutants ayant cours au sujet de la musique de film hollywoodienne : trop présente - voire écrasante - dans le film, elle ne se contente pas d'accompagner ou de souligner l'action, elle la surligne, elle en fait des tonnes et s'avère souvent aussi redondante que terriblement pompière. Tellement exaltée, expansive, généreuse et dégoulinante de lyrisme hyperbolique qu'elle laisse entendre qu'il se passe des choses extraordinaires à l'écran alors que c'est loin d'être le cas, elle s'apprécie finalement beaucoup mieux en dehors des images car elle se suffit largement à elle-même. C'est d'ailleurs précisément pour toutes les caractéristiques que l'on vient d'énoncer qu'une autre catégorie de spectateurs, amateurs de musique symphonique et chorale hypertrophiée, pourront vouloir se repasser l'album en boucle bien qu'ils aient cordialement détesté le film.
Enregistrée à Londres dans les prestigieux studios d'Abbey Road, interprétée par un orchestre gigantesque ainsi que par le Crouch End Festival Chorus - mondialement renommé pour ses enregistrements d'œuvres classiques mais aussi de musiques de films (notamment Prince Caspian) -, orchestrée et dirigée par le fidèle Nicholas Dodd, la musique de Journey To The Center Of The Earth 3D a bénéficié de moyens impressionnants et cela s'entend. Le thème principal, présenté dans le premier morceau et répété très régulièrement par la suite, crée une dynamique suffisante pour embarquer immédiatement l'auditeur dans l'aventure. Après quelques pistes assez brèves centrées sur l'aspect "comédie" du film et proposant des séquences de mickeymousing tout à fait correctes, le compositeur s'emploie à créer un suspense et une attente qui rendent d'autant plus appréciable l'arrivée de l'action : à partir de "Climbing Sneffels", celle-ci sera présente de façon quasi-ininterrompue.
Grandes envolées de cordes, mélodies accrocheuses, chœurs aux accents merveilleux, tout est fait pour compenser le manque de magie des images et pour susciter l'exaltation. Mystère, menace, tension, poursuites, glissades dans les tunnels, voyages en mer, rebondissements multiples : tout cela est abondamment noyé sous une cascade de délires symphoniques soigneusement concoctés par Nicholas Dodd, dont les collaborations avec David Arnold mais aussi avec Joel Goldsmith donnent plusieurs fois l'impression d'entendre un nouvel épisode de Stargate, avec des moyens encore plus gigantesques ! De ce fait, il est difficile de résister à la tornade qui s'empare de vos enceintes à l'écoute de morceaux comme "Rope Descent", "Mine Car Adventure" ou encore "Dinosaur" : cuivres furieux, percussions déchaînées, rythme infernal... Mais le meilleur arrive avec les excellents "Building The Raft" et "Storm", certes très pompeux mais portés par des chœurs splendides et faisant preuve d'un enthousiasme totalement ravageur. Au milieu de tout cela, le compositeur n'oublie pas quelques scènes d'émotion ("Goodbye Max", la première partie de "The Search For Sean") mais celles-ci font plutôt pâle figure au regard du reste.
Pas originale pour deux sous mais brillamment écrite et exécutée, impersonnelle mais nourrie de références prestigieuses, pleine d'un mauvais goût délicieux, outrancière mais jouissive, la musique de Journey To The Center Of The Earth 3D procure un plaisir aussi intense que coupable et laisse augurer le meilleur pour Andrew Lockington qui, après la réussite de Skinwalkers, frappe à nouveau très fort en s'élevant presque aussi haut qu'un John Debney en très grande forme (Cutthroat Island). Vivement la suite !
GB
Tracklisting :
1. Journey Theme (01:16)
2. Morning Routine (01:13)
3. Max's Things (01:55)
4. Iceland (02:28)
5. Hannah and the Institute (01:11)
6. Climbing Sneffels (01:30)
7. Trapped (02:56)
8. Rope Descent (02:10)
9. The Generator (02:26)
10. Mine Car Adventure (02:37)
11. Diamonds and Muscovite (01:53)
12. Water Drop (03:10)
13. The Center of the Earth (04:44)
14. Mushroom House and Artifacts (03:52)
15. Goodbye Max (02:44)
16. Building the Raft (03:45)
17. Storm (03:24)
18. The Search for Sean (04:00)
19. Magnetic Rocks (03:45)
20. Meet at the River (03:12)
21. Dinosaur! (03:19)
22. Skull Rescue (02:00)
23. Volcano (04:00)
24. The Return (04:00)
Total Time : 67:30
13:35 Publié dans Lockington, Andrew | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journey to the center of the earth 3d, andrew lockington



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