23.07.2008
Urmel Aus Dem Eis
Jim Dooley - Urmel Aus Dem Eis (Edel)
Horatio Tibberton, fantasque scientifique et zoologue, vit et travaille sur la petite île volcanique de Titiwou. Il donne des cours de langues à Tim, son fils adoptif, ainsi qu'à une bande de joyeuses créatures : Ping le pingouin, Monty le varan, Shoe le pélican et Solomon le morse. Peg la truie est la maîtresse de maison et s'occupe de tout ce petit monde qui vit heureux sur cette île paisible. Un jour, un iceberg s'échoue sur la plage et oh ! surprise, il contient un oeuf préhistorique congelé duquel émerge une étrange créature verte : Impy, un petit dinosaure de l'âge de glace. Le roi Pumponell, apprenant la nouvelle en son pays, décide de pourchasser Impy le petit dinosaure pour l'ajouter à ses trophées. La vie tranquille des habitants de Titiwou est alors à jamais perturbée...
Adapté des romans pour enfants Plodoc, diplodocus de choc écrits par l'auteur allemand Max Kruse, Les Aventures d'Impy le dinosaure (Impy's Island en anglais et Urmel Aus Dem Eis en langue originale) a été réalisé en 2006 par Holger Tappe et Reinhard Klooss et a obtenu un succès suffisant pour qu'une suite sorte en 2008 : Urmel Voll In Fahrt. En France, c'est seulement le 7 mai 2008 qu'a été distribué le premier opus et, bien qu'il soit encore actuellement dans les salles, il n'est pas garanti que le second parvienne jusqu'à chez nous. Entièrement réalisé par ordinateur (il a fallu près de 250 ordinateurs et 65 techniciens pour en venir à bout), Les Aventures d'Impy le dinosaure a en effet été très critiqué pour son animation poussive et ses images assez laides, sans compter que le film est absolument impossible à apprécier pour les plus de dix ans. Certes, l'univers créé par Max Kruse possède certains traits décalés et amusants mais globalement, l'impact d'une telle production reste extrêmement limité.
Pur produit des studios Remote Control/ex-MediaVentures, James Michael Dooley, pourtant natif des États-Unis, s'est retrouvé parachuté sur une production allemande sans doute grâce à ses amitiés zimmeriennes... Presque exclusivement compositeur de musiques additionnelles aux côtés du maître Hans Zimmer (Something's Gotta Give, Thunderbirds, The Da Vinci Code) ou de Steve Jablonsky (The Amityville Horror) et consorts, James Dooley a eu peu d'occasions de se faire remarquer en solo hormis pour des jeux vidéo, des travaux pour la télévision et enfin pour le score passablement décevant du thriller When A Stranger Calls. Sa musique pour Urmel Aus Dem Eis s'avère en revanche assez satisfaisante pour retenir l'attention et a fait l'objet d'une édition discographique tout à fait honorable.
Le morceau d'ouverture donne le ton d'emblée en proposant un thème élégiaque de toute beauté porté par des cordes romantiques et des clochettes envoûtantes : James Dooley s'est-il souvenu du préambule de Dinosaur (James Newton Howard) ? On peut le croire car il choisit d'illustrer la naissance d'Impy de façon résolument similaire. La réussite du compositeur consiste dans le choix d'une partition 100% symphonique marquée par de nombreuses mélodies chatoyantes et par un lyrisme à fleur de peau ; une telle qualité d'écriture et d'orchestration peut surprendre de la part d'un musicien a priori condamné aux atmosphère lourdaudes des scores d'action ou de thriller signés MediaVentures. Les chœurs intervenant dans "Wir brüten ein Ei aus" traduisent parfaitement la volonté d'élévation de l'ensemble, très agréable à écouter. Quant au xylophone de "Urmels Schlaflied" et au piano de "Ich will auch eine Mupfel !", ils donnent carrément l'impression d'entendre une musique de film de Noël, avec miracle et émerveillement à la clé !
Certes, l'humour et la légèreté sont également présents (ici une guitare électrique, là un pastiche du Casse-Noisette de Tchaikovsky...) mais sans jamais verser dans un mickeymousing pénible ; lorsque l'aventure démarre à partir de "Urmeljagd" avec force envolées triomphales et autres percussions exotiques, on peut savoir gré à James Dooley de ne pas citer de façon ostentatoire ses collègues, de Rupert à Harry Gregson-Williams en passant par le désormais inévitable John Powell. En bref, Urmel Aus Dem Eis est une heureuse révélation et une partition fort recommandable, lumineuse et rafraîchissante à défaut d'être vraiment originale.
GB
Tracklisting :
1. Urmel aus dem Eis (01:13)
2. Der Eisberg beginnt seine Reise (00:54)
3. Die Insel von Professor Tibatomg (01:22)
4. Eine ganz normale Unterrichtsstunde (01:40)
5. Die Riesenmuschel (02:00)
6. Der Eisberg muss ans Land! (01:12)
7. Wir brüten ein Ei aus (01:28)
8. Urmels erste Laute (00:45)
9. U.R.M.E.L. (01:12)
10. Urmels Schlaflied (01:40)
11. Ich will auch eine Mupfel ! (01:05)
12. Urmel wird versteckt (01:13)
13. Urmeljagd (01:25)
14. Wie bitte ? (01:28)
15. Ein König für Titiwu (01:03)
16. König Pumponell der 55. (02:52)
17. Die fleischfressende Pflanze (01:58)
18. Wawa, der Held (01:39)
19. Urmel lebt ! (01:25)
20. Die Höhle (01:07)
21. Nix wie weg ! (01:06)
22. König Ping, der erste (01:01)
23. Die Rettungsaktion (01:05)
24. Das Urmel-Rettungs-Unterwasser-Boot (00:44)
25. König in der Tonne (01:30)
26. Der letzte Gang (01:50)
27. Der Vulkanausbruch (04:09)
Total Time : 40:06
09:28 Publié dans Dooley, James | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : urmel aus dem eis, james dooley
21.07.2008
Le magazine de l'été
Ah, je vois déjà les regards pétiller et les sourires marquer les visages avant d’arracher le présent numéro à votre libraire, l’emportant égoïstement en vacances pour le dévorer sur une plage au soleil. Pendant tout le temps où vous bronzerez tranquilles et bien nous, on pâlira à vue d’œil pour continuer de vous concocter une dixième année fabuleuse, ne serait-ce que par l’Art Book « Les Enfants de la Chimère » qui réunira en octobre les plus belles illustrations publiées en nos pages et des hommages sous forme d’illustrations et de nouvelles inédites. Un livre unique à réserver avant le 31 juillet sur le site du magazine ou via la page boutique de ce numéro.
DOSSIER Fantasy urbaine
Introduction, Laurell K. Hamilton, interview, Sixième rue, neuvième art, Fabrice Colin, interview, Jeux & ténèbres, Yayashin, interview
DOSSIER Chroniques de Narnia
Croyance et Imaginaire, Du film au livre, Narnia en musique
INTERVIEWS
Michael Moorcock, Brian Froud, Neal Asher, Jean-Louis Fetjaine, Claire Panier-Alix, Alberto Varanda, Nicolas Mitric, Christophe Bec, Gabella, Anthony Jean, Fred Wetta, Jean-Marc Vincent
ARTICLES
Onmyôji, Le ciné fait ses bulles, Wall-E, Risk, Clann, Symphonies celtiques, Spootnik jeunesse
FICTIONS
Subversion 2.0, Sylvie Lainé
Histoire incolore, Serena Gentilhomme
L'aube de la dernière guerre, Claude Mamier
RUBRIQUES
Edito, Sélection Livres, Sélection Jeunesse, Sélection BD, Sélection Comics, Sélection Manga, Sélection DVD, Sélection Anime, Sélection Musique, Sélection Jeux, Fezalir, Anniversaire Khimaira
12:38 Publié dans Khimaira | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : khimaira, magazine, numéro 15
12.07.2008
D-War
Steve Jablonsky – D-War (Milan/Sony BMG)
Pur délire de fan accro au manga - évidemment sorti en DTV chez nous -, D-War (2007) en tient une sacrée couche dans la catégorie "blockbuster débilitant". Réalisé par le Sud-Coréen Shim Hyung-rae, le film est néanmoins situé aux États-Unis et montre un serpent géant ainsi qu'une armée de dragons détruire la moitié de Los Angeles. Le scénario, qui prétend s'appuyer sur une ancienne légende orientale pour justifier ensuite le grand n'importe quoi auquel on va assister pendant une heure et quart, permet au film d'aligner dans sa première demi-heure de belles scènes historiques qu'on aurait pu trouver dans Hero ou dans Le Secret des Poignards Volants, avec des décors, des costumes et des combats soignés. Ensuite, dès qu'on rejoint le monde contemporain, on se croirait plutôt dans un film de Michael Bay ou de Roland Emmerich. Les personnages sont fades et improbables, les acteurs visiblement peu convaincus par ce qu'ils font (le bellâtre Jason Behr, plus préoccupé par son look et par sa coiffure que par les événements ; l'ahurie Amanda Brooks, dont le rôle consiste à être ballottée d'un endroit à l'autre comme un vulgaire paquet ; le complètement has been Robert Foster, ridicule en vieux maître oriental) et l'intrigue se contente d'aligner des scènes d'action à défaut de toute autre chose.
Cela dit, les scènes de destruction valent largement le détour car les effets spéciaux sont d'une qualité très impressionnante. Si le serpent géant n'est pas forcément crédible dans tous les plans, il occasionne néanmoins des morceaux de bravoure hallucinants : lorsqu'il s'enroule autour d'un gratte-ciel pour combattre au sommet des hélicoptères qui le bombardent à feu nourri, on pense à une revisitation de King Kong mêlée au cauchemar du 11 septembre et ça fait un peu froid dans le dos tout en étant très jouissif. Si l'on excepte l'arrivée de gros pachydermes chargés de canons et de guerriers médiévaux montés sur des sortes de dinosaures, qui donnent l'impression d'assister à une resucée pathétique de The Return of The King et de Dinotopia, totalement hors de propos ici (sans parler du finale, qui semble se dérouler au pied de la tour de Saroumane - bonjour le pompage ! - et digne des plus grandes séries Z avec le combat "Serpent vs. Dragon"), le reste permet d'embrasser d'un vaste regard et avec un plaisir communicatif toute la production de fantasy et de science-fiction des dix dernières années. Avec sa ville en état de siège ravagée par des jets de flamme monstrueux et des créatures gigantesques, D-War recycle pêle-mêle ID4, Godzilla, Armageddon et Transformers, le serpent et les autres créatures évoqueront immanquablement les Jurassic Park et Reign of Fire, ou encore le nullissime Dungeons & Dragons pour les plus sévères... C'est pompier, roublard, décérébré et complètement foutraque, mais c'est drôle, pas ennuyeux et le spectateur en a pour son argent !
Entre le deuxième Texas Chainsaw Massacre et Transformers, le compositeur Steve Jablonsky a eu l'opportunité de travailler sur D-War, ce qui ne surprend pas trop dans la mesure où il s'était déjà aventuré sur les territoire du cinéma asiatique avec Steamboy. Le sujet du film de Shim Hyung-rae offrait de belles perspectives en termes d'action et de fantastique ; hélas, vu les qualités et la personnalité naturelles de Steve Jablonsky (ses collaborations avec Michael Bay, de loin les plus ambitieuses, sont tout à fait décevantes), les espérances se doivent d'être revues à la baisse. Sa partition pour D-War, sans être infamante, s'avère en effet d'une grande banalité et dénuée de véritables tours de force musicaux, ce qui est tout de même un peu dommage...
Après un démarrage très pompeux sonnant 100% MediaVentures / Remote Control, le compositeur s'oriente rapidement vers le mélange informe de symphonique, de synthétiseurs et de chœurs qu'il a hérité des scores de Hans Zimmer les moins bien orchestrés, rappelant le magma insipide de The Island. Au cœur d'une atmosphère mélancolique et mystérieuse, les références à l'univers asiatique surgissent ici et là sous forme de gros clichés tels l'emploi d'un duduk (mais c'est pas asiatique, ça !), d'un ehru et d'un shakuhachi. Le meilleur se trouve néanmoins dans ces passages au lyrisme facile (le début de "The Legend Awakes", le "Love Theme", "Yeouijoo"), plutôt agréables à écouter. On peut simplement regretter que Jablonsky n'ait pas su produire une seule mélodie originale et se soit contenté de plagier sans discrétion le thème de Lady In The Water (James Newton Howard), avec ses notes de piano en boucle et ses clochettes envoûtantes.
Pour les séquences d'action, qui représentent tout de même les deux tiers du film et du score, le compositeur se fonde sur le Dies Irae bien connu depuis La Symphonie fantastique d'Hector Berlioz, afin de conférer à l'invasion du serpent géant la dimension apocalyptique attendue. À partir de "General And His Army" les morceaux pétaradants s'enchaînent à une cadence soutenue à grands renforts de cordes véhémentes, de cuivres belliqueux et de percussions en cascades. Les chœurs sont eux aussi de la partie et permettent d'introduire peu à peu le retour de la lumière sous forme de crescendos triomphaux ; cerise sur le gâteau, on a même droit dans la piste finale à un chant typiquement asiatique façon armée chinoise révolutionnaire ! Les amateurs de musiques bien lourdes apprécieront, les autres s'abstiendront... et ce n'est pas encore aujourd'hui que Steve Jablonsky, dont les partitions horrifiques sont pourtant réussies, remontera dans notre estime : à bon entendeur, salut !
GB
Tracklisting :
1. Immogi (02:19)
2. The Legend Awakes (05:57)
3. Village Attack (05:40)
4. Love Theme (01:40)
5. Yeouijoo (02:57)
6. General And His Army (01:00)
7. Second Life (01:18)
8. Destiny (02:55)
9. Battle In The Sky (02:24)
10. Hypnosis And Flashback (02:32)
11. Cafe Attack (01:58)
12. Rooftop Showdown (02:31)
13. The Altar (02:22)
14. Buraki (02:52)
15. D-War (02:01)
16. Farewell (02:41)
17. Arirang (03:16)
Total Time : 46:23
18:42 Publié dans Jablonsky, Steve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : d-war, steve jablonsky



